Le tour de la Terre mesure 40 075 km en suivant l’équateur, et 40 008 km en passant par les deux pôles. Ce sont les deux chiffres géométriques. Dès qu’on parle d’un vrai tour du monde, à pied, à vélo, en avion ou à la voile, la distance change du simple au double selon les règles.
| # | Tour du monde | Distance | Temps de référence |
|---|---|---|---|
| 1 | À pied, minimum officiel | 26 232 km | 622 jours |
| 2 | À la latitude de Paris | 26 417 km | 24 h, en restant immobile |
| 3 | À vélo, minimum officiel | 28 970 km | 78 j 14 h 40 min |
| 4 | En avion, minimum officiel | 36 788 km | 31 h 27 min (Concorde) |
| 5 | Par les pôles | 40 008 km | Aucun record |
| 6 | Par l’équateur | 40 075 km | Aucun record |
| 7 | En avion, sans escale ni ravitaillement | 40 212 km | 9 j 3 min |
| 8 | En orbite, à bord de l’ISS | ≈ 42 700 km | 92,9 min |
| 9 | En avion solaire | 43 041 km | 16 mois, 23 jours de vol |
| 10 | À la voile, en équipage | 52 440 km | 40 j 10 h 45 min |
Les distances géométriques sont calculées sur l’ellipsoïde WGS84, celui qu’utilisent les GPS. Les records sont à jour au 1er octobre 2026.
1. À pied : 26 232 km
La World Runners Association, qui homologue les tours du monde en courant, impose 26 232 km minimum. Le chiffre correspond à la somme des plus grandes largeurs des continents traversés. Il faut aussi franchir tous les méridiens, traverser au moins quatre continents d’une côte à l’autre et parcourir au moins 3 000 km sur chacun.
Particularités. Le plus rapide est l’Australien Tom Denniss : 622 jours, du 31 décembre 2011 au 13 septembre 2013, soit 42 km par jour en moyenne pendant vingt mois. Le plus long n’a rien d’une course : le Québécois Jean Béliveau a marché environ 75 000 km entre 2000 et 2011, presque deux fois l’équateur. Les règles de la World Runners Association détaillent ce qui compte et ce qui ne compte pas.
2. À la latitude de Paris : 26 417 km
Le parallèle de Paris, à 48,86° nord, mesure 26 417 km. C’est le tour du monde qu’on fait sans bouger : la rotation de la Terre emmène Paris à environ 1 104 km/h, et le ramène au même point en un peu moins de 24 heures.
Particularités. Plus on monte vers le nord, plus le tour raccourcit. Le parallèle de Paris ne vaut que 66 % de l’équateur. Au cercle polaire arctique il tombe à 15 986 km, et au pôle il vaut zéro. C’est la raison pour laquelle un « tour du monde » qui se contenterait de franchir tous les méridiens près du pôle ne compte pour aucune fédération.
3. À vélo : 28 970 km
Le Guinness World Records exige au moins 18 000 miles, soit 28 970 km, sur un parcours qui passe par deux points à peu près antipodaux. Les trajets en avion ou en bateau entre deux continents ne comptent pas dans la distance.
Particularités. Le record appartient à l’Écossais Mark Beaumont : 78 jours, 14 heures et 40 minutes, du 2 juillet au 18 septembre 2017, soit près de 370 km par jour. Il risque de durer : le Guinness a déclaré la catégorie inactive et n’accepte plus de nouvelles tentatives.
4. En avion, le minimum officiel : 36 788 km
Pour la Fédération aéronautique internationale, un tour du monde en avion doit couvrir au moins 36 787,559 km, la longueur du tropique du Cancer. Il doit aussi franchir tous les méridiens et revenir à l’aérodrome de départ.
Particularités. Le tour du monde le plus rapide sur avion de ligne reste celui du Concorde F-BTSD d’Air France, les 15 et 16 août 1995 : 31 heures, 27 minutes et 49 secondes depuis New York, avec six escales à Toulouse, Dubaï, Bangkok, Guam, Honolulu et Acapulco. Trente ans plus tard, le Guinness le cite toujours comme record.
5. Par les pôles : 40 008 km
Un méridien complet, qui passe par le pôle Nord et le pôle Sud, mesure 40 007,863 km. C’est 67 km de moins que l’équateur, parce que la Terre est légèrement aplatie aux pôles.
Particularités. Le mètre a été défini en 1791 comme la dix-millionième partie du quart de méridien terrestre. Le tour par les pôles aurait donc dû mesurer exactement 40 000 km. L’écart de 8 km vient des imprécisions de la mesure de Delambre et Méchain, qui ont arpenté la France de Dunkerque à Barcelone pour fixer cette unité.
6. Par l’équateur : 40 075 km
L’équateur mesure 40 075,017 km sur l’ellipsoïde WGS84. C’est le chiffre qu’on retient pour « la circonférence de la Terre », et le plus grand cercle qu’on puisse tracer à sa surface.
Particularités. À l’équateur, la rotation de la Terre atteint 1 674 km/h, contre 1 104 km/h à Paris. C’est pour gagner ces quelques centaines de km/h gratuits que les fusées décollent le plus près possible de l’équateur, et que l’Europe lance les siennes depuis Kourou, en Guyane. Le détail des deux circonférences est sur la page Wikipédia consacrée à la circonférence terrestre.
7. En avion, sans escale : 40 212 km
Le Voyager de Dick Rutan et Jeana Yeager a été le premier avion à faire le tour du monde sans escale ni ravitaillement, du 14 au 23 décembre 1986. Durée : 9 jours, 3 minutes et 44 secondes, pour 40 212 km homologués.
Particularités. La distance réellement volée a été de 42 432 km, à cause des détours imposés par la météo. Au décollage, le carburant représentait près des trois quarts de la masse de l’avion, et il en restait environ 1,5 % à l’arrivée. Vitesse moyenne : 186 km/h.
8. En orbite : environ 42 700 km
La Station spatiale internationale tourne à environ 417 km d’altitude. Son orbite mesure donc près de 42 700 km, qu’elle boucle en 92,9 minutes à 27 600 km/h. Cela fait 15,5 tours du monde par jour.
Particularités. Un astronaute qui passe six mois à bord fait environ 2 800 fois le tour de la Terre, soit plus de 120 millions de km. Pourtant aucune de ces orbites ne vaut un tour du monde au sens des fédérations : l’orbite de l’ISS est inclinée à 51,6°, et la station ne survole jamais les régions polaires.
9. En avion solaire : 43 041 km
Solar Impulse 2, piloté à tour de rôle par Bertrand Piccard et André Borschberg, a bouclé le premier tour du monde à l’énergie solaire entre le 9 mars 2015 et le 26 juillet 2016, d’Abou Dhabi à Abou Dhabi. Dix-sept étapes, 43 041 km.
Particularités. Seize mois de calendrier pour environ 558 heures de vol, soit 23 jours en l’air. L’étape Nagoya - Hawaï a duré près de 118 heures sans atterrir, avec un seul pilote à bord. Le reste du temps, l’avion attendait au sol la météo, ou une réparation de ses batteries.
10. À la voile : 52 440 km
Le trophée Jules Verne récompense le tour du monde à la voile le plus rapide, en équipage et sans escale. Le record date de janvier 2026 : Thomas Coville et l’équipage de Sodebo Ultim 3, partis d’Ouessant le 15 décembre 2025, ont bouclé le tour en 40 jours, 10 heures, 45 minutes et 50 secondes.
Particularités. Le parcours théorique mesure 21 600 milles nautiques, environ 40 000 km. Sodebo en a réellement parcouru 28 315, soit 52 440 km, à 54 km/h de moyenne. Les voiliers ne vont jamais en ligne droite : ils descendent chercher les vents des mers du Sud et zigzaguent entre les dépressions. En solitaire, François Gabart détient toujours le record depuis 2017, en 42 jours et 16 heures pour 51 596 km. Charlie Dalin a gagné le Vendée Globe 2024-2025 en 64 jours et 19 heures, pour 51 241 km parcourus.
Pourquoi aucune distance sur Terre ne dépasse 20 000 km
Si le tour complet vaut 40 075 km, deux points de la Terre ne peuvent jamais être séparés par plus de la moitié : environ 20 000 km, la distance entre un lieu et son antipode. Paris et Tokyo, à 9 712 km, sont déjà à près d’un quart du tour du monde.
C’est un repère utile pour estimer une distance. Un chiffre au-dessus de 20 000 km est forcément faux. Un vol de 15 000 km, comme le plus long vol commercial actuel, couvre déjà les trois quarts de l’écart maximal possible. Et l’autre côté exact de la Terre, depuis la France, tombe en plein Pacifique Sud.
Ce que ces chiffres disent du mot « tour »
Les dix réponses sont justes, chacune pour sa propre définition du tour. Le géomètre mesure un cercle, le cycliste et le coureur doivent passer par des points imposés, le marin et le pilote sont jugés sur un parcours théorique puis parcourent en réalité bien plus.
L’écart le plus parlant est celui de la voile : 40 000 km de parcours officiel, 52 440 km réellement couverts. Plus de 12 000 km de détour, soit plus que la distance Paris - Tokyo, uniquement pour aller chercher le vent.
En miroir : la plus longue ligne droite possible sur Terre, qui couvre 80 % de la circonférence sans jamais toucher terre. Pour creuser : l’antipode de la France, les 10 vols les plus longs du monde et les 10 plus longs trajets en train du monde.
Questions fréquentes
Combien de km fait le tour de la Terre ?
Le tour de la Terre mesure 40 075 km par l’équateur et 40 008 km par les pôles, selon l’ellipsoïde WGS84 utilisé par les GPS. La différence de 67 km vient de l’aplatissement de la Terre aux pôles. Pour un tour du monde réel, les distances minimales officielles sont plus courtes : 26 232 km à pied, 28 970 km à vélo, 36 788 km en avion.
Combien de temps faut-il pour faire le tour du monde ?
Tout dépend du moyen. Le record en avion de ligne est de 31 heures et 27 minutes, en Concorde en 1995. À la voile, le record en équipage est de 40 jours et 10 heures depuis janvier 2026. À vélo il est de 78 jours et 14 heures, et à pied de 622 jours. L’ISS, elle, fait le tour en 92,9 minutes.
Pourquoi le tour du monde à pied ne fait que 26 232 km ?
Parce qu’on ne peut pas marcher sur les océans. La World Runners Association additionne les plus grandes largeurs des continents, soit 26 232 km, et autorise les traversées maritimes en bateau ou en avion. Le coureur doit en revanche franchir tous les méridiens, traverser au moins quatre continents et parcourir au moins 3 000 km sur chacun.
Quelle est la distance maximale entre deux points de la Terre ?
Environ 20 000 km : la moitié du tour de la Terre, soit la distance entre un lieu et son antipode. Elle vaut exactement 20 004 km pour n’importe quel couple d’antipodes : la Terre étant aplatie, le plus court chemin entre un point et son antipode passe toujours par un pôle. Aucune distance mesurée à la surface du globe, à vol d’oiseau, ne peut dépasser ce chiffre.
Combien de temps met la lumière pour faire le tour de la Terre ?
133,7 millisecondes pour parcourir les 40 075 km de l’équateur, à 299 792 km/s. La lumière pourrait donc faire environ 7,5 fois le tour de la Terre en une seconde. C’est à peu près le délai minimal d’un aller-retour de données entre Paris et l’autre bout du monde par fibre optique, qui est en réalité plus lente d’un tiers.